Pancréas

Des chirurgiens belges ont comparé deux techniques pour opérer certains cancers du pancréas et ont démontré que l’une donnait moins de complications que l’autre.

Sources : The Lancet Oncology, Volume 14, Issue 7, Pages 655 - 662, June 2013; Belga, 31-07-13  et www.cancer.be

La technique opératoire classiquement utilisée dans le traitement du cancer de la tête du pancréas (appelée opération de Whipple) consiste à enlever la tête du pancréas, le duodénum, les voies biliaires ainsi que la vésicule biliaire, et parfois aussi une partie de l’estomac. La partie restante du pancréas, du foie, et de l’estomac est ensuite reliée à l’intestin grêle. Cette opération très lourde peut s’accompagner de complications gravissimes (Fistules pancréatiques) qui sont une cause majeure de décès dans les suites opératoires. Une approche chirurgicale alternative a été développée il y a une dizaine d’années dans l’espoir de diminuer le taux de complications postopératoires. Elle consiste à   relier directement la partie résiduelle du pancréas à l’estomac, et non plus à l’intestin grêle. Cette technique offre de meilleures perspectives de survie et de qualité de vie, mais cela n’avait jamais été prouvé, chiffres à l’appui. Le mérite de la présente étude est d’avoir pour la première fois comparé les deux techniques.

Un risque de complications deux fois moins élevé

Les équipes chirurgicales de quatre centres universitaires (UZ Leuven, Cliniques universitaires Saint-Luc de Bruxelles, UZ Antwerpen, Hôpital Erasme de Bruxelles) et quatre centres non-universitaires belges (Cliniques Saint-Joseph de Liège, AZ Sint-Jan de Brugge, Hôpital de Jolimont à La Louvière, ZNA Jan Palfijn à Merksem) ont activement contribué à cette étude. Entre 2009 et 2012, chaque fois qu’un patient devait subir une ablation de la tête du pancréas pour un cancer, il lui a été proposé de participer à l’étude comparative, en étant opéré selon l’une ou l’autre des techniques. Etant donné que ni l’une ni l’autre des opérations n’était considérée comme meilleure que l’autre, cette façon de faire était la seule susceptible d’apporter la preuve de la suprématie de l’une sur l’autre, en toute honnêteté et dans le respect de l’éthique.

Ils ont ainsi pu démontrer, après avoir opéré 162 patients selon la technique classique et 167 selon la nouvelle technique, que cette dernière permettait de diminuer nettement  le nombre de complications (20% contre 8%).

La recherche en chirurgie aussi

On a souvent tendance à oublier que la recherche en cancérologie concerne également la chirurgie. Et pourtant, dans les salles d’opération aussi, on tente jour après jour d’améliorer l’efficacité des traitements du cancer et la qualité de vie après les opérations. 
La chirurgie oncologique est un domaine très pointu qui exige des chirurgiens qui la pratiquent une extrême rigueur et une longue expérience. Mais pour que la qualité des soins soit au rendez vous, il faut aussi une mise au point préopératoire minutieuse et un  suivi postopératoire attentif. C’est donc l’implication de toute une équipe multidisciplinaire qui est nécessaire pour remplir les critères d’un traitement de qualité. C’est pour cette raison que des interventions comme celles dont il est question ici ne sont pratiquées que dans des centres hospitaliers qui ont développé une expertise spécifique.

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