Vésicule biliaire

Quel est le rôle de la vésicule biliaire ?

La vésicule biliaire est un organe en forme de poire qui stocke la bile jusqu’à ce que le corps l’utilise pour la digestion. Elle est connectée au foie, au duodénum, au canal cholédoque par le canal cystique. Son rôle est de stocker et de concentrer la bile, produite par le foie, en attendant que celle-ci soit nécessaire à la digestion. La bile est composée de mucus, de pigments biliaires, de sels biliaires, de cholestérol et de sels minéraux.

Qu'est ce qu'un "calcul biliaire" ?

Dans la vésicule, à l’occasion d’une modification hormonale, par exemple une grossesse ou de façon fortuite, les éléments de la bile peuvent se cristalliser. Il y aura alors formation de calcul pour former ce qu'on appelle un "calcul biliaire" (ou lithiase biliaire). Ce calcul peut contenir principalement du calcium, du cholestérol ou des pigments biliaires ou encore être mixte.

Quels sont les symptômes d'un calcul biliaire problématique ?

Dans la grande majorité des cas, le calcul biliaire est souvent asymptomatique. Au fil du temps, il peut cependant générer de fortes crises appelées "crises hépatiques".  Celles-ci  dureront généralement de 30 minutes à 4 heures et se manifestent sous forme des symptômes suivants:

  • Une douleur intense et soutenue ressentie au milieu ou dans la partie supérieure droite de l’abdomen
  • La douleur irradie parfois vers l’épaule et l’omoplate droites
  • Des nausées et des vomissements

Sur le plan clinique, la palpation au niveau droit de l'abdomen ne met pas toujours  en évidence de contracture mais est révélée par le signe de Murphy. Il s’agit d’une douleur provoquée à la palpation avec limitation respiratoire. 

Les complications du calcul biliaire

La vésicule peut s'infecter et donne alors lieu à une cholecystite aigüe. Le calcul peut également migrer à travers le canal cystique vers le canal cholédoque. Celui-ci se bloquera alors dans le bas cholédoque en risquant de l’obstruer, souvent de façon transitoire. On aura alors apparition d'une jaunisse.  La surinfection de la "bile cholédocienne" entraînera une angiocholite qui se révèle par la succession en 48 heures de douleurs, de fièvre et de jaunisse.

Diagnostic et examen clinique

L’échographie de l’abdomen associée aux examens sanguins permettent de confirmer le diagnostic. Un traitement chirurgical est indiqué lorsque les calculs biliaires entraînent des crises très douloureuses.

Traitement proposé

En cas de calculs biliaires problématiques, la cholécystectomie ou ablation de la vésicule biliaire est recommandée. C’est la seule façon d’éviter la réapparition de calculs biliaires, qui est fréquente. Généralement, l’opération ne nécessite que trois petites incisions sur le ventre, car elle est exécutée soit par Coelioscopie, soit par Laparoscopie.

Le rétablissement ne prend que quelques jours. Cette intervention est très fréquente et présente peu de danger.

Lorsque le canal cholédoque, qui relie le foie à l’intestin est obstrué par un calcul, celui-ci peut être retiré à l’aide d’un endoscope muni d’un outil qui permet de saisir et de retirer le calcul par la bouche.

La vésicule n’étant pas un organe indispensable, son ablation ne semble pas présenter de conséquences à long terme. Après l’opération, le foie continue à produire la bile, qui passe dans le canal cholédoque pour être directement déversée dans l’intestin grêle. La personne peut donc s’alimenter normalement. La bile est alors sécrétée plus fréquemment, ce qui peut provoquer des selles plus liquides. Si le problème persiste, certains changements dans la diète peuvent aider, comme éviter les aliments gras et épicés et consommer plus de fibres.

Les différentes phases en cas d'ablation de la vésicule biliaire

La veille de l’intervention

Il n’y a pas d’examen particulier sauf si votre état de santé le nécessite.

Pendant l'hospitalisation

Le jour de l’intervention

  • Le patient prend une douche avec de l’Isobétadine® et son abdomen est rasé.
  • Fourniture de bas anti thrombose.
  • Une injection d’anticoagulants sera réalisée pour prévenir le risque de phlébite. Le matin de l’intervention.
  • Le patient, en fonction de son état, se verra administrer une prémédication.

L’intervention

  • L’intervention se réalise sous anesthésie générale.
  • La durée est de 30 minutes à 1 heure.
  • L’intervention est réalisée, dans la majorité des cas, en Coelioscopie à l’aide de 3 orifices de 5 à 10 mm. Les avantages de cette procédure sont une reprise plus rapide de la vie normale. Cette technique peut, néanmoins, dans tous les cas être transformée en incision traditionnelle en raison des difficultés qui peuvent être rencontrées lors de l’intervention.
  • L’intervention consiste à enlever la vésicule biliaire avec les calculs qu’elle contient.

Suivi opératoire

Le but de cette phase est de surveiller l’absence de complication par un retour à un état normal. La première phase a lieu en salle de réveil, puis lors de l’hospitalisation et, enfin, en convalescence chez vous.

Phase de réveil

  • Lorsque l’intervention est terminée, vous être transféré(e) en salle de réveil pour un minimum  de deux heures.
  • Seront surveillés : votre état de conscience, votre pouls, votre saturation en oxygène, votre respiration et les Drains éventuels.
  • Exceptionnellement, vous pouvez avoir une sonde nasogastrique, c'est-à-dire un tuyau passant par le nez et qui va dans l’estomac, qui va aspirer le liquide qu’il contient.
  • Vous pouvez également avoir des Drains, c'est-à-dire des tuyaux qui vont aspirer les sécrétions qui pourraient s’accumuler dans le ventre.

Retour dans le service

  • Le jour de l’intervention, après la salle de réveil, vous serez de retour à l’étage.
  • Le soir même ou le lendemain de l’intervention, vous serez levé(e). 
  • La sonde et les Drains, si ceux-ci étaient présents lors de l'opération, seront progressivement enlevés.
  • La sortie est, en général, prévue pour le lendemain.
  • Vous reprendrez l’alimentation progressivement, en général, le soir de l’intervention en commençant d’abord par la boisson, puis progressivement les aliments solides.
  • Les pansements seront enlevés à domicile soit par vous-même, soit surveillés par une infirmière.

Retour à domicile

Pendant votre convalescence, vous pouvez avoir une alimentation normale, il n’y a pas lieu de donner un régime particulier suite à ce type d’intervention.

Progressivement, vous pourrez rependre une activité normale au bout de trois semaines, si vous avez été opéré(e) par Coelioscopie.

Si vous avez été opéré(e) par Laparotomie, ce qui est maintenant exceptionnel, il faudra porter une ceinture abdominale et la reprise d’activités normales se fera en moyenne quatre à six semaines après l’intervention pour les efforts physiques.

Conséquences et complications

Lors de l’ablation de la vésicule, il n’y a aucune conséquence sur votre digestion. Parfois, on peut observer une diarrhée transitoire.

Les complications opératoires

  • Il s’agit de complications liées à toute chirurgie. On retrouve : la phlébite, l’embolie pulmonaire, l’hémorragie et l’infection.
  • Pendant l’intervention, il est possible, à titre exceptionnel, de convertir, c'est-à-dire d’ouvrir pour contrôler une hémorragie par exemple.
  • Parmi les complications propres à la chirurgie de la vésicule, on retrouve :
    • Plaies de la voie biliaire : cette complication est devenue exceptionnelle avec l’évolution des techniques. Elle peut nécessiter une réintervention dans les suites.
    • Plaies des vaisseaux : elles sont généralement décelées lors de l’intervention et réparées durant l'opération.
    • Abcès de la paroi : parfois, on peut observer une suppuration d’un orifice de trocart, surtout si la vésicule était infectée. Le traitement se fait par des pansements de paroi. 

Ces complications peuvent sembler inquiétantes mais elles restent exceptionnelles pour des équipes entraînées.

Surveillance à long terme

Il n’y a pas de surveillance particulière après une cholécystectomie simple. Le suivi post opératoire classique suffira.